mardi 24 février 2009

Les mandarins des Ténèbres Quan Ôn


À Hanoi, au milieu de la rue du Chanvre du vieux quartier, se dresse un banian séculaire qui abrite sous son feuillage touffu le dình (maison communale) de l'ancien hameau Cô Vu.
Chaque année, quand s'annonçant les premières chaleurs de l'été, mon père et les autres notables célébraient la cérémonie Ky an (ou Câu an, Càu mát : pour demander la paix, la fraîcheur, pour supplier les Quan Ôn (Mandarins des Ténèbres) d'épargner la population locale des maladies infectieuses. C'est qu'aux quatrième et cinquième mois lunaires, ces génies de l'Enfer semaient des épidémies, en particulier le choléra, pour faire des morts leurs soldats.

Sur l'autel de dình, on offrait en leur honneur des bonnets et des lingots d'or en papier multicolore, du bétel, de l'alcool, des fruits, du riz gluant et un coq bouilli. Dans la cour étaient disposés des vans de bambous remplis de feuilles de papier d'or et d'argent, des habits en miniature un papier, des bonbons et friandises, une marmite de soupe claire, des mannequins en papier sacrificiels. Tout cela à l'intention des âmes errantes. Après la cérémonie, les notables se partageaient les victuailles rituelles, les enfants se jetaient sur les vans pour rafler les bonbons et friandises tandis que les mendiants se versaient des bols de soupe. Les objets votifs en papier étaient brûlés.

Malgré la régularité et la solennité de cérémonies Ky an, le choléra meurtrier revenait chaque été. En 1924, ma mère fut emportée par lui quand j'avais 10 ans. C'était au temps de la colonisation française. Je me rappelle que des sinistres voitures vertes circulaient en trombe à travers les rues pour répandre la poudre de chaux et ramasser les cadavres.

En 1914, le choléra sévit tellement qu'on a dû enterrer les victimes en toute vitesse au cimetière de Bach Mai, sans cercueil. En 1930, Hanoi a enregistré 2.430 morts de choléra, selon les chiffres incomplets. Comme mesure préventive, le Service de santé colonial a multiplié les campagnes de vaccination anticholérique (90.000 personnes vaccinées en 1930). Mais la maladie a continué ses ravages jusqu'aux années 40. Sous le régime colonial, elle a perduré à cause des conditions de vie déplorable de la majorité du peuple et de l'ignorance de mesures d'hygiène élémentaire surtout à la campagne.

Depuis la Révolution de 1945, nous avons pu juguler le choléra même pendant les 30 années de guerre, grâce à des mesures de prophylaxie efficaces. Mais nous n'avons pu l'enrayer complètement. Fin 2007 et début 2008, des foyers de diarrhée aiguë avec présence de vibrions cholériques ont été décelés dans quelques endroits.

Les professeurs Claude Chastel et Arnaud Cérac ont classé le choléra parmi les 8 grands fléaux infectieux qui ont exercé une influence durable sur l'humanité au cours de l'histoire, aux points de vue religieux, artistique, économique et démographique : le choléra (en premier lieu), la fièvre jaune, la lèpre, la peste), le paludisme, le sida, la syphilis et la tuberculose. (Histoire de la médecine- Introduction à l'épistémologie – Ellipses. Paris 1998).

Selon ces spécialistes des maladies tropicales qui ont travaillé au Vietnam, le choléra, présent dans le delta du Gange (Inde) et au Bangladesh depuis de nombreux siècles s'est répandu en Asie et en Afrique pour atteindre l'Europe et l'Amérique au 19e siècle. À ce jour, il compte 8 pandémies successives. La France a été touchée pour la première fois au cours de la 2e pandémie (1826-1837) : 100.000 morts.

Même aujourd'hui, aucune région du monde n'est à l'abri de nouveaux cas. Le choléra reste dangereux à cause de la vitesse croissante des moyens de transport, de l'importance grandissante des déplacements humains et de l'insuffisance d'hygiène dans les pays en développement.

C'est une maladie bactérienne (vibrion cholérique), transmissible et contagieuse. Sa transmission peut être directe, interhumaine ou indirecte par l'intermédiaire de l'eau, des aliments ou des déjections contaminées.

Le vibrion cholérique a été découvert par le médecin allemand Koch, devançant Pasteur et ses idées. Les signes cliniques majeurs sont la diarrhée aiguë massive, d'où une déshydratation massive et mortelle. Le traitement curatif précoce est très efficace (réhydratation massive, traitement infectieux). Pour le traitement préventif, il faut contrôler l'eau de boisson et les aliments, faire vacciner la population.

En tout cas, le sorcier Koch est un magicien puissant dont les mandarins des Ténèbres Quan Ôn ont peur.

Huu Ngoc/CVN
(21/12/2008)

mercredi 18 février 2009

Présentation générale du Vietnam en vidéo

Présentation du Vietnam - Vidéo





Toutes nos vidéos sur le vietnam à cette adresse : Vidéos du Vietnam

mardi 17 février 2009

Ouverture de la fête Nguyên tiêu des Hoa à Hô Chi Minh-Ville -


Les Hoa doivent célébrer à partir du 6 jusqu'au 9 février la fête Nguyên tiêu (le 15e jour du premier mois lunaire) à Hô Chi Minh-Ville.

Point d'orgue de cet événement : le grand rassemblement qui se déroulera au Centre culturel du 5e arrondissement de la mégalopole du Sud, un quartier où vit une grande partie de la communauté des Hoa (Vietnamiens d'origine chinoise).

De nombreuses animations sont au programme de cette fête. Outre des représentations artistiques, plusieurs jeux populaires comme échasse, danse de la licorne, course de pirogues sont ainsi prévus. Également au menu un défilé dans les rues Trân Hung Dao, Lao Tu, Luong Nhu Hoc... avec la participation des troupes artistiques et groupes de danseurs de la licorne. Selon le comité d'organisation, les marcheurs seront répartis en fonction des groupes linguistiques des Hoa.

Dès le premier jour de la fête, le public pourra découvrir certains traits typiques de la culture des Hoa grâce à des démonstrations de lancer de balles brodées et d'arts martiaux. Le groupe de Guangdong appartenant à la Troupe de chant et de danse Thông Nhât saisira cette occasion pour donner, lors de la journée inaugurale, une représentation du tuông (théâtre classique).

Toujours selon les informations du comité d'organisation, moult activités artistiques auront lieu dans les sièges des congrégations des Hoa ainsi que dans les quartiers où vivent de nombreux Vietnamiens de souche chinoise. La fête Nguyên tiêu est un événement important et original qui mérite en effet que l'on s'y attarde et que l'on en profite.

Comme chaque année, le 15e jour du premier mois selon le calendrier lunaire est aussi consacré à la poésie au Vietnam. À Hô Chi Minh-Ville, la Journée de la poésie devrait avoir lieu le jour précédent au centre culturel Bach Tùng Diêp. Ayant pour thème "Source-Intégration-Création", cet événement est une excellente occasion pour les poètes, professionnels ou amateurs, jeunes ou moins jeunes, de se rencontrer et d'échanger entre passionnés.

Dans le cadre de cette journée, pour la première fois, près de 2.000 recueils de poèmes qui rassemblent les œuvres d'un millier de poètes vietnamiens sont exposés à l'Institut du zen Van Hanh (arrondissement de Go Vâp), depuis le 4 et jusqu'au 10 février. Cette exposition intitulée "Poésie, voguons ensemble !" est conjointement organisée par l'Institut du zen Van Hanh, la pagode La et le groupe Mekong art. À noter que le thème de cet événement est le titre d'un recueil qui rassemble les poèmes de plus de 200 jeunes poètes de Hô Chi Minh-Ville.

Hoàng Phuong/CVN
(06/02/2009)

Le marché flottant de Cai Bè, Tiên Giang, une destination touristique de choix

Situé à quelque 150 km de Hô Chi Minh-Ville, le marché flottant de Cái Bè (province de Tiên Giang, Sud) est devenu l'une des destinations favorites des touristes de passage dans la région. L'an dernier, plus de 40.000 visiteurs sont venus découvrir ce marché situé au cœur d'une région riche de paysages époustouflants.

Le marché flottant de Cai Bè se trouve sur le fleuve Tiên, l'un des bras du Mékong, au carrefour des provinces de Tiên Giang, Vinh Long et Bên Tre. Au fil des années, les échanges commerciaux s'y sont multipliés et ce marché au gros est devenu l'un des plus importants du Sud occidental. De l'aube au coucher du soleil, les transactions se succèdent et les embarcations se chargent et se déchargent de leurs cargaisons. Réputé pour être au cœur du commerce des fruits de la région, ce marché attire aussi de nombreux touristes venus y découvrir "un autre Vietnam", plus authentique.

Au fil de l'eau, les visiteurs découvrent les différentes parties du marché, toutes divisées en fonction des produits vendus : fruits, tubercules, riz... La principale originalité du marché de Cai Bè réside dans la manière dont les vendeurs accrochent leurs produits à des perches pour aider les clients à faire leur choix.

Dès le lever du soleil, c'est l'effervescence et le trafic se densifie. Les commerçants venus de toute la région essaient alors de se frayer un passage entre les dizaines d'embarcations. Certains sont venus acheter des fruits de mer, d'autres des articles électroménagers. On y trouve de tout et les négociations vont bon train tout au long de la journée. Pour les touristes, c'est un véritable plaisir des sens. Les embarcations chargées de ramboutans au rouge éclatant, de durians au parfum exaltant ou de crevettes frétillantes, se succèdent au fil de l'eau. Et, en cas de petit creux ou de grande soif, nombreuses sont les petites barques à proposer du riz, du pho, du hu tiêu ou des boissons rafraîchissantes. Au coucher du soleil, "la ville flottante" brille de mille feux. Des centaines de lampes sont allumées à la proue des bateaux et l'on se retrouve plongé dans un univers féerique.

Pendant le Têt, le marché flottant de Cái Bè est encore plus animé qu'à l'accoutumée. Entre le 25e et le 31e jour du dernier mois lunaire, les embarcations sont chargées de fleurs de toutes sortes. C'est alors un véritable plaisir pour les visiteurs qui se retrouvent face à une incroyable mosaïque de couleurs et de fragrances.

Truong Giang/CVN
(10/02/2009)